Thérapie neuro-myofasciale : étirer les ischio-jambiers peut-il améliorer la mobilité de la mâchoire ?
Nafisa Sarfaraz, Kalpana Zutshi, Ifra Aman, Heba Parwaiz
Et si une restriction de mobilité des membres inférieurs pouvait influencer la fonction temporo-mandibulaire ?
Publiée en 2026 dans Physiotherapy Research International, une revue systématique de Sarfaraz et al. explore les effets des étirements des ischio-jambiers sur les douleurs du masséter et l’ouverture buccale.
Des résultats qui interrogent notre raisonnement clinique
À travers 6 essais contrôlés randomisés, les chercheurs observent que les étirements des ischio-jambiers peuvent entraîner une augmentation immédiate du seuil de douleur à la pression du masséter et, dans certaines études, une amélioration de l’ouverture buccale.
Ces observations suggèrent l’existence d’interactions fonctionnelles entre la chaîne musculaire postérieure et le système manducateur. Les mécanismes neurophysiologiques et myofasciaux restent toutefois à préciser.
Quelles applications concrètes en cabinet ?
Plusieurs interventions étudiées offrent des pistes intéressantes pour enrichir l’évaluation et la prise en charge kinésithérapique :
- Étirements statiques des ischio-jambiers : en décubitus dorsal, hanche fléchie et genou tendu, réaliser 3 séries de 40 secondes par membre inférieur, avec 15 secondes de récupération.
- Techniques de facilitation neuromusculaire proprioceptive (PNF) : alterner une contraction isométrique de 8 secondes et une phase de relâchement de 8 secondes, répétées 3 fois, suivies d’un étirement passif.
- Approche manuelle régionale : intégrer, selon le bilan clinique, des techniques ciblant les muscles masticateurs et la région sous-occipitale, tout en sachant que leur bénéfice additionnel n’est pas systématiquement démontré.
- Réévaluation fonctionnelle : mesurer l’ouverture buccale active et la sensibilité du masséter avant et après l’intervention afin d’objectiver la réponse individuelle.
Pourquoi approfondir ses compétences en thérapie neuro-myofasciale ?
Cette publication souligne l’intérêt d’un raisonnement clinique dépassant une approche exclusivement locale des symptômes.
Attention toutefois : les effets rapportés sont principalement immédiats, les résultats demeurent hétérogènes et aucune relation causale fasciale directe n’est démontrée. Ces techniques doivent être envisagées comme des interventions complémentaires, et non comme un traitement isolé des dysfonctions temporo-mandibulaires.
C’est précisément l’intérêt de développer une approche intégrative du système neuro-musculo-squelettique : comprendre les interactions régionales, sélectionner les techniques pertinentes et individualiser les traitements.
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