Efficacité des modalités de physiothérapie sur la dyspnée persistante chez les patients atteints de COVID long : revue systématique et méta-analyse
Christophe Romanet 1, Johan Wormser 2, Marine Cachanado 3, María Granados Santiago 4, Gilles Chatellier 3, Marie Carmen Valenza 5, François Philippart 2
- PMID : 39667587
- DOI : 10.1016/j.rmed.2024.107909
Abstrait
Contexte : La dyspnée est souvent présente des mois, voire des années plus tard, dans le cadre du syndrome de Covid long, altérant la qualité de vie et aggravant l’anxiété et les troubles de stress post-traumatique. La kinésithérapie a été recommandée comme traitement du Covid long, mais son efficacité reste encore insuffisamment démontrée.
Méthodes : Nous avons effectué une recherche bibliographique systématique dans les bases de données MEDLINE, PEDro, WOS, Scopus, VHL et la Bibliothèque Cochrane jusqu’en juillet 2023 (numéro d’enregistrement PROSPERO : CRD42023427464). Nous avons sélectionné les essais comparatifs incluant des adultes présentant une dyspnée persistante après une infection à la COVID-19, quelle que soit sa gravité initiale, et pour lesquels la kinésithérapie respiratoire a été mise en œuvre comme traitement de la dyspnée. Nous avons suivi les recommandations PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses) et évalué la qualité des études à l’aide de l’échelle PEDro.
Résultats : Dix-neuf études incluant 1 292 adultes répondaient aux critères d’inclusion. Parmi elles, 15 étaient des essais contrôlés randomisés et 4 des essais contrôlés non randomisés. Concernant les modalités de réadaptation, 6 études ont utilisé l’entraînement des muscles respiratoires, 6 une réadaptation d’intensité faible à modérée, 6 une réadaptation d’intensité élevée et une une réadaptation passive. Les méthodes utilisées différaient considérablement entre les groupes et au sein de chaque groupe, ce qui explique l’hétérogénéité élevée attendue des résultats. Néanmoins, le modèle à effets aléatoires a mis en évidence une différence significative en faveur de la physiothérapie (DMS -0,63, IC à 95 % [-1,03 ; -0,24], p < 0,001, I² = 88 %). L’analyse de sous-groupes a montré un effet significatif uniquement dans le groupe de réadaptation d’intensité élevée, sans hétérogénéité.
Conclusion : Chez les personnes souffrant de dyspnée suite à une infection par le SARS-CoV-2, la kinésithérapie, et plus particulièrement la réadaptation pulmonaire, peut contribuer à atténuer les symptômes respiratoires. Les études futures devront proposer des méthodes de réadaptation plus homogènes et mieux décrites afin de mettre en évidence leurs effets et d’éviter la confusion liée à l’utilisation d’une trop grande variété de modalités.
Mots-clés : COVID-19 ; dyspnée ; qualité de vie liée à la santé ; COVID long ; physiothérapie ; réadaptation.
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Déclaration de conflit d’intérêts
Déclaration de conflits d’intérêts Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts financier ou relation personnelle connu susceptible d’avoir influencé le travail présenté dans cet article.
