Scoliose : et si l’association des exercices spécifiques et de la thérapie manuelle faisait la différence ?
Zou Wenxia, Li Yuelong, Zhang Zhou, Jia Guoqing, Huang Huanjie, Zhang Guifang, Wang Chuhuai, Lo Wai Leung Ambrose, Liu Peng
Une étude publiée en 2024 dans BMC Musculoskeletal Disorders apporte un message particulièrement intéressant pour notre pratique de kinésithérapeute.
Chez 31 adolescents présentant une scoliose idiopathique, les auteurs ont comparé des exercices spécifiques de scoliose seuls à une prise en charge associant PSSE + thérapie manuelle.
Après seulement 4 semaines, le groupe combinant les deux approches présente une diminution moyenne de l’angle de Cobb de 21,58° à 18,58°, contre une légère augmentation dans le groupe exercices à domicile.
Mais l’intérêt ne se limite pas à la courbure : mobilité rachidienne, capacités fonctionnelles, morphologie du tronc et qualité de vie progressent également.
Autre élément clé : les améliorations de mobilité et de qualité de vie dépassent les seuils de changement cliniquement important, contrairement au groupe contrôle.
Concrètement, que peut-on intégrer au cabinet ?
→ Travail de stabilisation rachidienne et renforcement du centre.
→ Auto-correction tridimensionnelle adaptée à la morphologie de chaque patient.
→ Exercices de correction posturale active, pour apprendre au patient à identifier et ajuster sa posture.
→ Respiration corrective, notamment en orientant l’inspiration vers le côté concave et l’expiration vers le côté convexe.
→ Exercices sur tapis et avec ballon, notamment pour travailler les adaptations pelviennes et le contrôle du tronc.
→ Mobilisations et techniques manuelles visant à diminuer les tensions myofasciales et améliorer la mobilité avant le travail actif.
→ Les auteurs utilisent également une manipulation rachidienne HVLA ciblée après le travail préparatoire des tissus mous.
C’est justement là que la formation FKNL prend tout son sens : apprendre à ne pas simplement « faire faire des exercices », mais à évaluer la scoliose, comprendre ses adaptations tridimensionnelles et construire une prise en charge individualisée mêlant exercices spécifiques, contrôle moteur et techniques manuelles.
L’objectif : repartir de la formation avec des outils directement transposables en cabinet, et surtout savoir pourquoi, quand et comment les utiliser.
À noter : l’étude reste exploratoire, avec un petit effectif, une durée courte et des groupes non randomisés ; les auteurs recommandent donc de confirmer ces résultats par des essais plus larges et avec un suivi plus long.

Fig 1 : Illustrations des positions pour les exercices de renforcement musculaire ciblant principalement la stabilisation du tronc.
g, h Position debout, épaules en abduction et rotation externe.
i, j Exercices correctifs intensifs par mouvements d’étirement en courbe ;
k entraînement respiratoire (en position couchée et assise).
