Effets de différentes interventions psychocorporelles chez les femmes enceintes sur la santé mentale : revue systématique et méta-analyse en réseau d’essais contrôlés randomisés
Chuyuan Miao 1, Furong Chen 2, Qing Chen 2, Siyu Li 2, Dong Li 3, Wenhai Fu 4, Yanmei Yu 5, Ying Zhou 6, Chunqin Liu 7, Joanne Wai Yee Chung 8, Graeme D Smith 9
Résumé :
Contexte : La santé mentale maternelle est un facteur déterminant du bien-être maternel, du développement fœtal et de l’harmonie familiale.
Bien qu’il existe diverses interventions prénatales en matière de santé mentale, leur efficacité comparative doit faire l’objet d’études plus approfondies.
Objectif : Évaluer les effets de la pratique de la pleine conscience dans le cadre de l’accouchement et de la parentalité (MBCP), de la réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR), de la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT), de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), de la musique et du yoga sur la santé mentale maternelle afin d’orienter les stratégies d’intervention ciblées.
Méthodes : Une recherche systématique a été effectuée dans PubMed, Web of Science, Cochrane Library, Embase, Science Direct et Medline depuis leur création jusqu’au 1er mai 2025 afin d’identifier les ECR sur six interventions corps-esprit chez les femmes enceintes.
Le critère de jugement principal était la dépression et l’anxiété.
Les critères de jugement secondaires étaient le stress, la douleur, la pleine conscience et l’auto-efficacité.
Cette étude a suivi les éléments de rapport préférés pour les revues systématiques et les méta-analyses (PRISMA) et a été enregistrée dans PROSPERO (CRD420251030950).
Résultats :
Cinquante-trois ECR (n = 10 167) ont été inclus.
Par rapport au groupe témoin, la MBSR a montré une réduction significative de la dépression [SUCRA = 93,07 %, SMD = -1,66, IC à 95 % = (-2,25, -1,07)], de l’anxiété [SUCRA = 87,79 %, DMS = -1,94, IC à 95 % = (-2,77, -1,12)] et du stress [SUCRA = 88,3 %, DMS = -2,03, IC à 95 % = (-2,66, -1,40)].
Le yoga a montré une réduction significative de la douleur [SUCRA = 66,03 %, SMD = -0,79, IC à 95 % = (-1,24, -0,35)] et amélioration de l’auto-efficacité [SUCRA = 80,13 %, SMD = 0,85, IC à 95 % = (0,34, 1,37)].
La MBCP a montré une amélioration significative de la pleine conscience [SUCRA = 87,10 %, SMD = 0,72, IC à 95 % = (-0,15, 1,59)].
Conclusion :
Différentes interventions corps-esprit peuvent être associées à des améliorations dans des domaines spécifiques.
La MBSR a montré des associations plus cohérentes avec la réduction de la dépression, de l’anxiété et du stress, tandis que le yoga était plus souvent associé à des améliorations de la douleur et de l’auto-efficacité, et le MBCP à la pleine conscience.
Ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison de la taille limitée des échantillons et de l’absence de comparaisons directes.
Mots-clés : Anxiété ; Dépression ; Intervention corps-esprit ; Méta-analyse en réseau ; Femmes enceintes ; Essai contrôlé randomisé.
