Rééducation vestibulaire : ce que dit la littérature, et ce que cela change au cabinet
Xiaohua Sun, Zuwei Cao, Xin Li
Les vertiges et troubles de l’équilibre occupent une place importante dans la pratique quotidienne du kinésithérapeute.
Une méta-analyse publiée en 2025 a regroupé 10 essais randomisés contrôlés afin d’évaluer l’efficacité de la rééducation vestibulaire.
Les auteurs retrouvent une amélioration significative du Dizziness Handicap Inventory (DHI), avec une différence moyenne de 7,63 points en faveur de la rééducation vestibulaire.
En revanche, les résultats concernant la Berg Balance Scale (BBS) sont plus nuancés : l’effet n’est pas statistiquement significatif dans le modèle à effets aléatoires, en raison notamment d’une forte hétérogénéité entre les études.
Cette nuance est essentielle : la rééducation vestibulaire est soutenue par des données encourageantes, mais les protocoles doivent être adaptés au profil du patient.
Parmi les interventions étudiées figurent notamment les exercices du réflexe vestibulo-oculaire (VOR), les exercices de stabilisation du regard, les exercices de stabilité posturale et les protocoles de type Cawthorne-Cooksey.
L’analyse des sous-groupes met particulièrement en avant les exercices de stabilisation du regard, associés à de meilleurs résultats sur le DHI et à une hétérogénéité plus faible.
Concrètement au cabinet, cela peut se traduire par un travail du VOR avec mouvements de tête, des exercices de fixation visuelle pendant les mouvements, puis une progression vers des situations plus dynamiques.
Le travail de stabilité peut également être associé à des exercices d’équilibre, des changements de direction, de la marche avec mouvements de tête ou des tâches combinant contrôle visuel et postural.
Pour certaines indications précises, les manœuvres de repositionnement, comme la manœuvre d’Epley, font également partie des interventions évaluées dans la littérature analysée.
L’intérêt d’une formation spécialisée ne consiste donc pas uniquement à apprendre une succession d’exercices.
Il s’agit surtout de savoir identifier le déficit vestibulaire, choisir le bon stimulus, doser la difficulté et faire progresser le patient.
Chez FKNL, la formation en rééducation vestibulaire permet justement de faire le lien entre les données scientifiques et leur traduction en pratique clinique.
L’objectif : repartir avec des outils directement mobilisables en cabinet, tout en comprenant pourquoi, quand et comment les utiliser.
Car en vestibulaire, la technique compte, mais la pertinence du bilan, du choix des exercices et de leur progression compte tout autant.
Référence : Sun X, Cao Z, Li X. Vestibular rehabilitation: Proven benefits in enhancing balance and reducing dizziness. Adv Clin Exp Med. 2025;34(9):1433–1449. DOI: 10.17219/acem/193242.
