Le yoga est-il plus bénéfique que les interventions axées sur l’exercice physique pour les patients souffrant de lombalgie chronique ?
Tian Li, Quan Wen, Liping Zhang
Résumé :
La lombalgie chronique est une affection courante associée à une douleur persistante, à des limitations fonctionnelles et à une détresse psychologique.
Le yoga est souvent recommandé comme intervention active alliant corps et esprit, mais il n’est pas encore établi s’il apporte un bénéfice supplémentaire par rapport à d’autres programmes basés sur l’exercice physique.
Objectif :
Comparer les effets du yoga à ceux d’interventions basées sur l’exercice physique sur l’intensité de la douleur, la fonction physique ou le handicap, et le bien-être émotionnel chez les adultes souffrant de lombalgie chronique.
Méthodes :
Une revue systématique et une méta-analyse ont été réalisées conformément aux lignes directrices PRISMA 2020 et au Cochrane Handbook, et enregistrées dans PROSPERO.
Les bases de données PubMed, Embase, Cochrane Library, Web of Science et PEDro ont été consultées depuis leur création jusqu’au 23 novembre 2025.
Les essais contrôlés randomisés en groupes parallèles portant sur des adultes souffrant de lombalgie chronique non spécifique ont été inclus lorsqu’ils comparaient le yoga à des interventions basées sur l’exercice physique et rapportaient des critères de jugement continus exploitables.
Les différences moyennes standardisées (DMS) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % ont été regroupées à l’aide de modèles à effets fixes ou aléatoires en fonction de l’hétérogénéité.
Le risque de biais a été évalué à l’aide de l’outil Cochrane.
Résultats :
Sept essais contrôlés randomisés ont été inclus.
En ce qui concerne la douleur, le yoga ne s’est pas révélé statistiquement supérieur aux exercices de comparaison (SMD = –0,52, IC à 95 % : –1,38 à 0,35 ; I² = 95 %).
En ce qui concerne la fonction physique, le yoga a montré une amélioration significative par rapport aux groupes témoins pratiquant une activité physique (SMD = –1,20, IC à 95 % : –1,64 à –0,77 ; I² = 31 %) ; toutefois, ce résultat spécifique repose sur un ensemble limité de données provenant de seulement deux études.
En ce qui concerne le handicap, aucune différence claire entre les groupes n’a été observée (SMD = –0,19, IC à 95 % : –1,11 à 0,73 ; I² = 92 %).
En ce qui concerne les résultats émotionnels, le yoga a amélioré le bien-être émotionnel par rapport aux groupes témoins pratiquant une activité physique (SMD = –0,71, IC à 95 % : –1,26 à –0,16 ; I² = 75 %), et cet effet est devenu plus constant après exclusion d’une étude ayant un effet important sur les résultats (I² = 0 %).
Conclusion :
D’après les résultats de la présente méta-analyse, le yoga a démontré des améliorations statistiquement significatives en matière de fonction physique et de bien-être émotionnel par rapport aux interventions basées sur l’exercice physique, tandis qu’aucun avantage cohérent n’a été observé en ce qui concerne la douleur ou le handicap.
Ces résultats sont spécifiques à la base de données limitée et à la forte hétérogénéité identifiées dans cette étude ; par conséquent, bien que les données indiquent des tendances positives, la supériorité comparative du yoga doit être considérée comme une observation préliminaire issue de cette synthèse plutôt que comme une conclusion clinique définitive.
Chiffres :

Recherche bibliographique et schéma de sélection

Résumé des risques de biais pour les études incluses

Évaluations de chaque critère de risque de biais pour toutes les études incluses

Diagramme en forêt illustrant l’effet du yoga sur la douleur par rapport au groupe témoin

Diagramme en forêt illustrant l’effet du yoga sur les fonctions physiques chez les patients souffrant de lombalgie chronique

Diagramme en forêt illustrant l’effet du yoga sur le handicap chez les patients souffrant de lombalgie chronique

Diagramme en forêt illustrant l’effet du yoga sur le bien-être émotionnel chez les patients souffrant de lombalgie chronique
