Reprise précoce de la pratique sportive de compétition après une fracture de la mandibule traitée chirurgicalement : étude de cas sur une rééducation multimodale guidée par échographie
Alexandru Mazareanu 1, George Balaiasa Dragos 2, Maria Iacob 3, Alin Pandea 4, Andrada Elena Dicut 5, Razvan Liviu Petre 6
Résumé :
Les fractures de la mandibule chez les athlètes de haut niveau posent un double défi : assurer la stabilité structurelle et rétablir rapidement les fonctions spécifiques à la pratique sportive.
La rééducation standard suivant une réduction ouverte et une fixation interne (ORIF) néglige souvent la rééducation neuromusculaire, la coordination cervico-mandibulaire et les exigences liées au retour à la compétition de haut niveau.
Rapport de cas :
Une judoka de haut niveau âgée de 23 ans, membre de l’équipe nationale roumaine, a subi une fracture de l’angle mandibulaire droit lors d’un entraînement.
Une ORIF a été réalisée à l’aide de mini-plaques en titane.
Trois semaines après l’intervention, elle présentait un trismus sévère (ouverture interincisive maximale [OIM] de 15 mm) et une douleur importante (échelle visuelle analogique [EVA] de 8/10).
Un programme de rééducation multimodale de 12 semaines a été mis en place, combinant l’aiguilletage à sec guidé par échographie (masséter, temporal, ptérygoïdiens, supra-hyoïdiens, sterno-cléido-mastoïdien et sous-occipitaux), la thérapie manuelle de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) et un programme numérique structuré à domicile (Healthy TMJ, 20 min par jour).
La thérapie par transfert d’énergie précoce (capacitive et résistive) a provoqué un œdème et a été interrompue.
À la 8e semaine, son MIO s’était amélioré à 43 mm et son EVA à 2-3, lui permettant de reprendre l’entraînement de compétition et de remporter une médaille d’or au championnat national universitaire roumain.
À la 12e semaine, le MIO a atteint 55 mm, l’EVA 1, et une récupération fonctionnelle complète a été obtenue, aboutissant à une médaille de bronze aux Championnats du monde universitaires de la FISU.
Conclusion :
Ce cas montre qu’une approche de rééducation multimodale guidée par échographie peut favoriser un rétablissement plus rapide, améliorer la cinématique mandibulaire et permettre un retour précoce et en toute sécurité à la compétition de haut niveau après une ostéosynthèse ouverte de la mandibule.
Mots-clés : Fracture mandibulaire ; aiguilles sèches ; judo ; thérapie manuelle ; traumatisme maxillo-facial ; retour au sport ; rééducation de l’articulation temporo-mandibulaire.
Chiffres :



